Gratte-moi le ciel

On est à New York. Le One World Trade Center, 104 étages. Le 432 Park Avenue, 85 étages. Le Trump World Tower, 72. Manhattan, c’est la folie des grandeurs.

Toujours plus haut, toujours plus gros. Aussi gros que peut être l’égo. D’abord en étendue, de Battery Park jusqu’à la 220e avenue, et ensuite en hauteur. Des millions de gens qui passent leur vie en suspens, entre ciel et terre. Manhattan, parfaite pour les touristes et pour la majorité des New-Yorkais.

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Cette folie a vraiment commencé en 1902 avec le premier skyscraper de New York, le Flatiron Building, 22 étages. Comme son nom l’indique, cet édifice étroit fait penser à la forme d’un fer à repasser. De style Beaux-arts, il est situé au croisement de la 5e avenue et de Broadway. On raconte qu’après sa réalisation, les hommes aimaient se tenir près de l’édifice, au bout de la pointe. Un vent favorable venait alors soulever les jupons des demoiselles et ainsi dévoiler leurs chevilles nues. Ce qui fit scandale à l’époque et, croyez-moi, je m’y connais en chevilles nues!

La folie se poursuivit dans les années suivantes. La course aux records fut véritablement lancée. En 1913, le Woolworth Building fut érigé et devint, avec ses 57 étages, le plus haut gratte-ciel du monde.

Dans les années 20

Profitant du boom économique, deux édifices se firent une chaude lutte : le 40 Wall Street, 71 étages, construit par la Bank of Manhattan Compagny, et le Chrysler Building, 77 étages, propriété de la compagnie de voiture du même nom.

Ce dernier remporta la course in extremis grâce à une flèche en acier de 56 mètres cachée à l’intérieur du building et qu’on hissa juste au dernier moment, au grand étonnement des gens réunis pour l’occasion. Le Chrysler Building, inspiré de l’art décor, avec ses arcs, ses fenêtres et ses huit têtes d’aigle chromées est un véritable chef-d’œuvre dont les détails architecturaux rappellent les anciens modèles de voiture Chrysler.

Puis apparut l’Empire State Building qui fracassa en 1931 tous les records. Avec ses 102 étages, il est encore un des plus grands édifices de New York, après le nouveau One World Trade Center qui fait 104 étages.

Lors de l’inauguration de l’Empire State Building, le président Hoover, qui était à la Maison Blanche, fut invité à peser sur un bouton, ce qui fit briller d’un seul coup toutes les lumières du gratte-ciel. Les années suivantes furent plus difficiles avec la grande dépression. Seulement 25% des locations furent occupées. L’Empire State Building fut appelé en dérision : L’Empty State Building. 

Une autre histoire, moins connue celle-là, concerne sa véritable hauteur et vient changer quelque peu la donne. En 1933, lors du tournage de King Kong, le gorille en question était si lourd qu’il fit descendre l’édifice de 11 étages sous terre. Mais cela reste encore aujourd’hui une rumeur, car les autorités en présence ne répondent plus à mes questions.

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