Mode

L’histoire absurde derrière la veste iconique de Michael Jackson

On a l’impression que Michael Jackson a inventé plein de choses, mais en réalité, il a beaucoup emprunté. Et parmi ces emprunts, le plus drôle est probablement la veste d’Adam Ant.

En 1980, Michael Jackson avait 21 ans. Il venait de lancer son album Off the Wall où on le voyait habillé en tuxedo. Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, un certain Adam Ant, chanteur énigmatique avec un look d’enfer faisait fureur.

Adam Ant, musicien et icône de mode

Aujourd’hui, le nom d’Adam Ant (Stuart Goddard) est moins connu que celui de Michael Jackson. Pourtant, au début des années 1980, il était l’un des artistes les plus influents de la planète.

Publicités
Free Shipping on orders over $40 at Chillymoose.ca!

Avec son groupe Adam and the Ants, il enchaînait des succès comme Kings of the Wild Frontier et imposait une esthétique réellement unique. Alors que beaucoup de musiciens de la new wave privilégiaient les costumes modernes et minimalistes, lui puisait dans les uniformes militaires du XVIIIe et du XIXe siècle, les pirates, les dandys romantiques et les héros d’aventure.

Vestes de hussard, galons dorés, bottes d’officier, tresses, épaulettes : Adam Ant ressemblait davantage à un personnage sorti d’un roman d’aventures qu’à une vedette pop. Et son maquillage à grandes barres blanches ou rouges dérivé de celui des Apaches ajoutait au mystère.

Avec la popularité de ses vidéoclips, son influence a rapidement dépassé la musique. Il est devenu une référence aussi visuelle que musicale. Et pendant quelques années, il a été l’un des hommes les plus copiés de Grande-Bretagne.

« Terry, arrête tes conneries! »

Il est quatre heures du matin à Londres lorsque le téléphone d’Adam Ant se met à sonner.

À moitié endormi, il décroche. Une voix américaine distinctive lui demande s’il est bien Adam Ant. Convaincu que son batteur lui fait un coup de téléphone au beau milieu de la nuit, il raccroche.

Le téléphone sonne encore, même voix, même réaction, Adam Ant dit « Terry, si tu n’arrêtes pas, tu vas voir… » et raccroche.

Puis le téléphone sonne une troisième fois. Cette fois, une autre voix se présente : « Bonjour, ici Quincy Jones. Je suis avec Michael Jackson et il aimerait vous parler. »

Le chanteur britannique réalise qu’il vient d’envoyer promener la plus grande vedette de la pop américaine.

Michael Jackson reprend alors la conversation. Il explique qu’il vient de voir le clip de Kings of the Wild Frontier et qu’il adore le son des percussions. Adam commence à lui expliquer sa recette : plusieurs batteries, des couches de percussions, beaucoup de travail en studio…

Puis ils raccrochent et Michael le rappelle :

« J’aime beaucoup votre veste. Où l’avez-vous trouvée? »

Une veste pour les gouverner toutes

Selon le récit d’Adam Ant, il a alors dit à Michael Jackson que sa veste provenait de Bermans & Nathans, une célèbre maison londonienne spécialisée dans les costumes historiques utilisés au cinéma et au théâtre.

Michael Jackson s’est donc rendu chez Bermans & Nathans pour se procurer sa propre veste, avant d’en faire réaliser plusieurs versions dans différentes couleurs.

Puis quand Adam Ant est allé à Los Angeles, Michael Jackson l’a invité à sa maison familiale (à l’époque, il vivait encore chez ses parents). Les frères et soeurs Jackson semblaient fascinés par son apparence et lui posaient des questions sur ses vêtements. Ils ont ensuite passé la journée ensemble et plus tard, ils ont collaboré sur des projets. Selon Adam Ant, il était à quelques mètres de Michael Jackson quand il a fait le moonwalk pour la première fois.

Vous pouvez l’entendre raconter cette histoire ici.

Quelques années plus tard, les vestes militaires richement décorées sont devenues l’un des éléments les plus emblématiques de l’image de Michael Jackson. Les galons dorés, les coupes inspirées des uniformes d’apparat et les silhouettes martiales ont occupé une place centrale dans son style, de Thriller jusqu’à ses tournées mondiales.

D’autres emprunts

L’histoire de la veste d’Adam Ant n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Michael Jackson est souvent présenté comme un créateur ayant révolutionné la musique, la danse et la mode. Pourtant, plusieurs de ses idées les plus célèbres existaient déjà ailleurs.

Il a puisé l’énergie et la présence scénique chez James Brown, l’élégance de la danse chez Fred Astaire et Gene Kelly, et même une touche rock en invitant Eddie Van Halen à signer le célèbre solo de Beat It.

Il a même emprunté les trucs financiers à Paul McCartney. C’est d’ailleurs Paul McCartney qui aurait initié Michael Jackson au monde lucratif de l’édition musicale.

Ironie du sort, lorsque le catalogue contenant la majorité des chansons des Beatles a été mis en vente en 1985, Jackson l’a acheté et a provoqué une rupture durable entre les deux amis qui avaient pourtant collaboré sur la chanson Say Say Say.

Le moonwalk, un autre emprunt

Même le moonwalk a été emprunté à d’autres. Dans les années 1930 et 1940, le chanteur de jazz Cab Calloway utilisait déjà une forme de glissade arrière, tandis que le mime Marcel Marceau employait une technique similaire dans son célèbre numéro Walking Against the Wind.

Mais c’est en 1955 que le danseur de claquettes Bill Bailey a exécuté ce qui est souvent considéré comme la première version moderne du mouvement, alors appelé le backslide.

L’histoire retient souvent Michael Jackson. Mais ce coup de téléphone de 1980 rappelle qu’avant d’être imité, il lui arrivait aussi d’imiter les autres. Et lorsqu’il s’agissait de trouver un style mémorable, Adam Ant était dur à battre.


En savoir plus sur Temps Libre

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire