Une chanson oubliée depuis 2015, une chorégraphie et toute la planète sautille sur du Patrick Sébastien. Ça a supris tout le monde, incluant le principal intéressé.
On ouvre les réseaux sociaux pour voir ce qui se passe en France, il y a des feux, des employés vendeurs de mangas légendaires et ça. Des filles qui trainent leur valise pastel sur du Patrick Sébastien, des jeunes à lunettes qui dansent sur du Patrick Sébastien et des gens qui font du skate… sur du Patrick Sébastien.
Oui, Patrick Sébastien. L’homme des serviettes qu’on fait tourner et des sardines qui se serrent dans leur boîte. C’est l’idole des jeunes. Même les internautes qui ne parlent pas français semblent savoir quoi faire lorsque commence « Toc Toc ».
Une chanson de 2015 qui n’avait rien demandé à personne
Pour retrouver « Toc Toc » à sa naissance, il faut remonter au 13 novembre 2015. La chanson figurait en treizième position de Ça va bouger !, un album dont le titre annonçait déjà très clairement le programme. Un refrain qui se retient immédiatement, un rythme de fête populaire et quelqu’un qui frappe à la porte pour l’emmerder à toutes les heures de la nuit. Une formule gagnante pour rigoler un peu. Pas forcément prévue pour conquérir le téléphone de millions de jeunes onze ans plus tard.
Le plus drôle, c’est que la chanson n’était même pas l’un de ses grands classiques. Dans un entretien accordé à La Dépêche du Midi le 16 octobre 2026, Sébastien a expliqué qu’il n’en avait pratiquement pas fait la promotion, qu’elle n’était pas passée à la radio et qu’il ne la chantait même pas sur scène.
Autrement dit, « Toc Toc » avait onze ans et menait une vie paisible dans les profondeurs des plateformes musicales. Jusqu’à l’arrivée d’un adolescent de Compiègne.
Un jeune de 17 ans, un pied en l’air et c’est parti
L’impulsion vient de Noah, un créateur de 17 ans connu sur TikTok sous le nom de Nooah Prvv. Il a associé au refrain une danse volontairement absurde : on sautille à cloche-pied et on mime, avec le poing, quelqu’un qui frappe à une porte. Après on se demande qui c’est qui est là. C’est à peu près tout.
Le plus drôle est parfois de voir les gens garder un air très sérieux en dansant. 20 Minutes racontait dès le 24 septembre comment la chorégraphie avait dépassé les frontières françaises.
Et maintenant tout le monde la connait.
Tout le monde chante « Kicékéla »
La suite relève d’une délicieuse confusion linguistique. À l’étranger, des internautes ont rebaptisé le morceau « Kicékéla », transcription phonétique d’un bout du refrain. Peu importe qu’ils comprennent la question, ils connaissent la chanson.
En quelques semaines, la danse s’est retrouvée en Allemagne, en Pologne et aux États-Unis. 20 Minutes a notamment relevé la participation d’un prêtre polonais avec sa communauté et celle de patineuses artistiques. Plus inattendu encore, le groupe de K-pop TWS s’y est mis lui aussi.
Une chanson de fête française qui accompagne des pas de danse en Corée du Sud, si c’est pas ça la paix dans le monde, je ne sais pas ce qu’il vous faut.
Patrick Sébastien a même raconté à La Dépêche qu’on lui avait signalé une vidéo réunissant quelque 500 danseurs en Thaïlande. Le chanteur a également annoncé avoir autorisé une adaptation allemande et évoqué un projet japonais.
Et puis tout le monde s’en sert pour mettre un peu de joie dans les reels Instagram des manifestations étudiantes.
Patrick Sébastien, star de la génération TikTok malgré lui
Tout cela amuse énormément le chanteur. Invité de Sud Radio le 29 septembre, Patrick Sébastien s’était déjà déclaré le premier surpris par cette nouvelle popularité. Dans La Dépêche, quelques semaines plus tard, il s’est dit dépassé par l’ampleur du phénomène, mais ravi de voir de jeunes internautes s’emparer du morceau.
L’ironie ne lui échappe pas. Ses chansons festives ont souvent été rangées dans la catégorie un peu méprisante et ringarde des péteux parisiens. Or, voilà que la jeunesse internationale en redemande. Tel est pris qui croyait prendre
Il a même reconnu qu’il allait probablement devoir ajouter « Toc Toc » à ses concerts. Pour la chorégraphie à cloche-pied, à 73 ans, il préfère laisser faire les danseuses qui l’accompagnent. On peut difficilement le lui reprocher.
Mais on pratiquera la chorégraphie pour l’accompagner quand il sera en tournée près de chez nous.
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