Culture

5 des plus grands événements d’Halloween à travers le monde

Un déguisement de squelette avec un chapeau haut de forme

Il suffit dans bien des quartiers d’une citrouille sur un perron, de quelques toiles d’araignée et d’une poignée de bonbons pour retrouver toute la magie de l’Halloween. Mais certaines villes font de cette fête un véritable carnaval avec de gigantesques spectacles, peuplés de marionnettes géantes, de créatures fantastiques, d’acrobates et de milliers de personnages costumés.

De New York à Derry, l’Halloween a été célébrée cette année avec une imagination débordante et un enthousiasme contagieux. Retour sur cinq des événements les plus spectaculaires de la saison, avec un détour par le Mexique, où le Día de Muertos perpétue une tradition bien distincte, tout aussi fascinante.

New York : une promenade de quartier devenue une parade géante

En 1973, le fabricant de masques et marionnettiste Ralph Lee avait organisé une promenade costumée dans Greenwich Village pour ses enfants et leurs amis. L’idée était modeste; les New-Yorkais se sont chargés du reste. Plus d’un demi-siècle plus tard, la Village Halloween Parade fait défiler artistes, musiciens, danseurs, habitants costumés et marionnettes monumentales sur la Sixième Avenue.

Les organisateurs avancent habituellement une fréquentation dépassant deux millions de spectateurs, sans qu’il s’agisse d’un décompte confirmé pour 2026. On peut regarder gratuitement le cortège, mais pour y marcher, il faut venir déguisé. La parade est ainsi devenue un immense atelier d’imagination collective, où le costume bricolé avec acharnement peut voler la vedette aux productions les plus sophistiquées.

Le samedi 31 octobre 2026, la parade a célébré sa 53e édition sous le thème Body & Soul (« Corps et âme »). Parmi les costumes remarqués, un groupe avait même recréé en trois dimensions la fameuse photographie Lunch atop a Skyscraper, avec une poutre, des ouvriers et un décor d’immeubles. Une façon assez new-yorkaise de rappeler qu’à l’époque des avatars et des écrans, la meilleure manière de participer à une fête reste encore de sortir dans la rue.

Site officiel et thème de 2026 · Retour historique en français dans Vogue France · Photographies du défilé du 31 octobre, Europa Press.

Orlando : Universal transforme l’horreur en superproduction

Les studios Universal ont longtemps vendu des frissons sur grand écran. Avec les Halloween Horror Nights, ils ont trouvé une autre manière de faire entrer les spectateurs dans leurs histoires : les faire traverser le décor.

L’événement a débuté en 1991, sous le nom de Fright Nights, avec trois soirées et une maison hantée. Pour son 35e anniversaire en 2026, Universal Orlando a prévu 49 soirées, dix maisons hantées, des zones thématiques et des spectacles. Le parc a pris les couleurs de l’Infernal Carnival of Nightmares, dominé par Jack the Clown et le Dr Oddfellow, deux personnages récurrents du festival. Cette édition a aussi puisé dans la culture populaire, notamment avec des attractions inspirées de Sinners et de Stranger Things.

Certaines attractions sont inspirées de films ou de séries, d’autres de créations originales.

Salem : la capitale des sorcières accueille plus d’un million de visiteurs

À Salem, dans le Massachusetts, l’Halloween entretient un rapport particulier avec l’histoire. Le nom de la ville reste associé aux procès de sorcellerie de 1692, un passé tragique devenu, au fil des siècles, un immense sujet de mémoire, de tourisme et de culture populaire.

Le festival Salem Haunted Happenings a vu le jour en 1982, à l’initiative de la chambre de commerce et du Salem Witch Museum. Il n’avait alors duré qu’une fin de semaine et attiré environ 50 000 visiteurs. Aujourd’hui, les organisateurs annoncent plus d’un million de visiteurs pendant le mois d’octobre, toutes dates confondues. Défilés, visites historiques, spectacles, bals costumés et marchés se sont succédé pendant 31 jours.

Cette année, la ville célébrait aussi ses 400 ans. Le 17 octobre, quelque 2 700 personnes portant un chapeau de sorcière se sont réunies sur le front de mer, selon Destination Salem. Le 31 octobre, les rues ont accueilli des milliers de visiteurs costumés; la municipalité avait programmé un spectacle de 400 drones pour clore la soirée. Derrière les chapeaux pointus et les vitrines décorées, Salem rappelle toutefois une distinction importante : les personnes poursuivies en 1692 étaient de véritables êtres humains, et non des personnages de contes fantastiques.

Retour sur les chapeaux de sorcière, Destination Salem · Reportage et photos du 31 octobre, Boston.com

Derry : l’Irlande du Nord, là où l’Halloween renoue avec ses racines

Avant les citrouilles, il y avait les navets. Si l’Halloween semble aujourd’hui indissociable des banlieues américaines, ses racines sont largement irlandaises. Dans l’ancienne tradition celtique de Samhain, célébrée notamment en Irlande, la fin des récoltes annonçait le début de la saison sombre. On prêtait à cette période une proximité particulière entre le monde des vivants et celui des esprits. Avec le temps, ces croyances se sont mêlées aux fêtes chrétiennes de la Toussaint et des défunts. Le mot Halloween vient d’ailleurs de All Hallows’ Eve, la veille de la Toussaint.

En Irlande, on creusait notamment des navets pour en faire des lanternes inquiétantes; en Écosse et en Irlande, la coutume du guising voyait des visiteurs déguisés aller de maison en maison pour obtenir quelque chose à manger, parfois en échange d’une chanson ou d’une plaisanterie. Au XIXe siècle, les immigrants irlandais et écossais ont emporté ces usages en Amérique du Nord. Les citrouilles, plus grosses et plus faciles à sculpter, y ont progressivement remplacé les navets, tandis que la tournée des friandises prenait son allure moderne au XXe siècle.

Pour retrouver la légende du personnage qui portait sa lanterne dans un navet, lire aussi notre article « Halloween : le Diable, un malappris et sa lanterne ».

Dans la ville fortifiée de Derry, en Irlande du Nord, l’Halloween n’est pas une fête importée de Hollywood. La célébration retrouve ici une partie de ses racines. Les organisateurs font dialoguer les créatures de l’ancienne fête de Samhain, les légendes locales et un carnaval résolument contemporain.

La manifestation a commencé en 1986 par un événement costumé dans un pub. Quarante ans plus tard, Derry Halloween se présente comme le plus grand festival de l’Halloween d’Europe. Pour l’édition anniversaire de 2026, les autorités locales attendaient plus de 120 000 visiteurs sur cinq jours. Le 31 octobre, le grand défilé a traversé la ville avec ses costumes, ses chars, sa musique et ses performances de rue, avant les feux d’artifice au-dessus de la rivière Foyle.

La ville sait exploiter ses vieilles pierres et elles participent au récit. Difficile d’imaginer meilleur décor pour faire défiler des êtres venus d’un autre monde, surtout quand le public a lui aussi décidé de s’habiller en conséquence.

Compte rendu du 31 octobre, la télévision publique irlandaise RTÉ · Histoire du festival en français, Le Figaro · Site officiel de Derry Halloween.

Mexico : le Día de Muertos, une autre fête des morts devenue gigantesque

Oui oui, on sait, le Día de Muertos n’est pas l’Halloween. Les deux fêtes occupent des dates voisines, mais leurs histoires et leurs significations ne se confondent pas. Au Mexique, les familles honorent la mémoire de leurs disparus à travers des offrandes, des fleurs de cempasúchil, des portraits et des traditions qui dépassent largement les grands cortèges touristiques.

La capitale a pourtant donné à cette période un spectacle de rue d’envergure internationale. Et son origine récente possède une anecdote délicieuse : le grand défilé municipal a été lancé en 2016, après que le film Spectre (2015) eut ouvert sur une procession fictive du Día de Muertos à Mexico. En somme, James Bond a contribué à faire naître dans la vraie ville une parade qu’il traversait au cinéma.

Le samedi 31 octobre 2026, le défilé a parcouru le Paseo de la Reforma jusqu’au Zócalo. Selon les chiffres officiels repris par la presse mexicaine, il a réuni environ 1,6 million de spectateurs et plus de 4 000 participants. Les Catrinas, les figures monumentales, la musique et les hommages aux artistes mexicains ont accompagné une vaste programmation d’autels, de lumières et de fleurs. Mais le spectacle ne doit pas faire oublier le cœur de la fête : la mémoire des êtres aimés.

Photos du défilé du 31 octobre, El País México · Compte rendu en espagnol, El Economista · Origine du défilé et lien avec Spectre, El Universal.


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