Le fulgore tacheté fait beaucoup parler de lui, mais il est loin d’être le seul insecte envahissant à surveiller au Québec. Depuis plusieurs années, plusieurs espèces venues d’Asie ou d’Europe s’installent ici, profitant du commerce international et des hivers plus doux.
Certains détruisent les arbres, d’autres s’attaquent aux potagers, aux vignes ou aux fleurs. Quelques-uns envahissent même les maisons à l’automne. Voici les principaux insectes ravageurs et espèces envahissantes actuellement surveillés au Québec.
Le scarabée japonais

Originaire du Japon, le scarabée japonais est arrivé en Amérique du Nord au début du 20e siècle. Il est aujourd’hui très répandu au Québec et particulièrement redouté des jardiniers. L’adulte possède un corps vert métallique avec des ailes cuivrées très reconnaissables.
Ses ravages
Le scarabée japonais dévore les feuilles, les fleurs et parfois les fruits. Il adore particulièrement :
- les rosiers
- les vignes
- les framboisiers
- les pommiers
- certaines plantes ornementales
Les feuilles prennent souvent un aspect « dentelle », complètement grugées entre les nervures.
À quoi on le reconnaît
- Corps vert métallique
- Dos cuivré
- Petites touffes blanches sur les côtés de l’abdomen
- Se déplace souvent en groupe
Comment on s’en débarrasse
- Ramassage manuel tôt le matin
- Pièges placés loin du jardin
- Filets protecteurs
- Éviter de laisser les larves se développer dans le gazon
Les pièges peuvent parfois empirer la situation s’ils sont placés trop près des plantes.
Faut-il le déclarer?
Non. Il est déjà largement établi au Québec.
La coccinelle asiatique

Souvent surnommée « coccinelle qui pue », la coccinelle asiatique a été introduite volontairement pour lutter contre les pucerons. Le problème : elle concurrence maintenant les coccinelles locales et envahit les maisons à l’automne.
Sa couleur varie énormément : rouge, orange, jaune ou presque noire.
Ses ravages
Elle ne détruit pas les plantes comme d’autres ravageurs, mais :
- elle remplace certaines espèces locales
- elle entre massivement dans les maisons
- elle peut mordre légèrement
- elle dégage une odeur désagréable lorsqu’elle est stressée
À quoi on la reconnaît
- Taille légèrement plus grosse que nos coccinelles locales
- Tache blanche en forme de « M » derrière la tête
- Couleurs très variables
Comment on s’en débarrasse
- Sceller les fissures autour des fenêtres
- Aspirer les individus présents dans la maison
- Installer des moustiquaires en bon état
Il vaut mieux éviter de les écraser.
Faut-il la déclarer?
Non.
Le fulgore tacheté

Le fulgore tacheté est un insecte envahissant originaire d’Asie. Il inquiète énormément les autorités agricoles en Amérique du Nord. Bien qu’il ne soit pas encore largement implanté au Québec, il fait l’objet d’une surveillance active.
L’adulte possède des ailes grises tachetées de noir avec des ailes arrière rouges très visibles lorsqu’il vole.
Ses ravages
Il s’attaque notamment :
- aux vignes
- aux érables
- aux arbres fruitiers
- à plusieurs plantes ornementales
Il affaiblit les plantes en aspirant leur sève.
À quoi on le reconnaît
- Ailes grises avec pois noirs
- Ailes rouges cachées sous les ailes principales
- Insecte assez gros comparé à une cicadelle normale
Comment on s’en débarrasse
- Écraser les individus observés
- Détruire les masses d’œufs
- Éviter de transporter du bois ou du matériel contaminé
Faut-il le déclarer?
Oui. Toute observation devrait être signalée aux autorités agricoles canadiennes ou provinciales.
D’ailleurs, le gouvernement a émis les consignes suivantes si vous en voyez un :
- prendre une photo ou une vidéo
- le capturer ou raclez ses masses d’œufs dans un contenant hermétique, et
- le signaler à l’ACIA immédiatement
L’agrile du frêne

Ce petit coléoptère vert métallique originaire d’Asie a détruit des millions de frênes en Amérique du Nord.
Ses ravages
Les larves creusent sous l’écorce et empêchent l’arbre de transporter l’eau et les nutriments. Les frênes meurent généralement en quelques années.
À quoi on le reconnaît
- Petit insecte vert métallique
- Trous en forme de « D » dans l’écorce
- Arbre qui dépérit par le sommet
Comment on s’en débarrasse
Les arbres fortement infestés doivent souvent être coupés. Certains traitements existent pour les arbres encore en santé.
Il est aussi important de ne pas transporter de bois de chauffage.
Faut-il le déclarer?
Pas nécessairement dans les zones déjà touchées, mais les nouvelles observations peuvent intéresser les autorités.
La punaise marbrée

Cette punaise brune originaire d’Asie est de plus en plus présente au Québec. Elle envahit souvent les maisons à l’automne.
Ses ravages
Elle attaque :
- les tomates
- les pommes
- les poivrons
- les petits fruits
Elle pique les fruits pour se nourrir, les rendant difformes.
À quoi on la reconnaît
- Forme de bouclier
- Couleur brun marbré
- Odeur forte lorsqu’on l’écrase
Comment on s’en débarrasse
- Sceller les ouvertures des maisons
- Utiliser l’aspirateur
- Installer des moustiquaires
Faut-il la déclarer?
Non.
La pyrale du buis

Petit papillon invasif récemment observé au Québec, la pyrale du buis peut tuer des haies complètes.
Ses ravages
Les chenilles mangent rapidement :
- les feuilles
- l’écorce fine des buis
Les plants brunissent parfois en quelques semaines.
À quoi on la reconnaît
- Papillon blanc bordé de brun
- Chenilles vertes avec bandes noires
- Toiles dans les buis infestés
Comment on s’en débarrasse
- Taille des parties atteintes
- Traitements biologiques contre les chenilles
- Surveillance régulière
Faut-il la déclarer?
Oui, dans certaines régions où elle est encore sous surveillance.
La spongieuse

La spongieuse, autrefois appelée livrée disparate, est une chenille envahissante qui connaît parfois des explosions de population impressionnantes.
Ses ravages
Elle peut complètement défolier :
- les érables
- les chênes
- plusieurs arbres feuillus
À quoi on la reconnaît
- Chenille poilue
- Rangées de points bleus et rouges sur le dos
- Grandes masses d’œufs beige pâle sur les arbres
Comment on s’en débarrasse
- Retirer les masses d’œufs
- Installer des bandes collantes sur les troncs
- Utiliser des traitements biologiques lorsque nécessaire
Faut-il la déclarer?
Non, sauf dans certaines zones nouvellement touchées.
Le longicorne asiatique

Le longicorne asiatique est considéré comme une menace majeure pour les feuillus nord-américains.
Ses ravages
Il peut tuer :
- les érables
- les bouleaux
- les saules
- les peupliers
À quoi on le reconnaît
- Gros coléoptère noir
- Taches blanches
- Très longues antennes rayées noir et blanc
Comment on s’en débarrasse
Les arbres infestés doivent souvent être abattus pour empêcher la propagation.
Faut-il le déclarer?
Oui. Toute observation devrait être signalée rapidement.
Pourquoi ces insectes sont-ils de plus en plus nombreux?
Les experts pointent plusieurs facteurs :
- le commerce international
- le transport de bois et de marchandises
- des hivers plus doux
Une fois arrivées, certaines espèces qui ne survivraient normalement pas au Québec réussissent maintenant à passer l’hiver plus facilement.
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